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Homélie du dimanche des Rameaux et de la passion

05.04.2020

Entrée messianique du Seigneur à Jérusalem/ Procession

Nous célébrons le dimanche des rameaux et de la passion du Seigneur. En effet, l’évangile de l’entrée messianique de Jésus nous livre les préparatifs de cet événement sous le regard de Jésus. Puis vient le cortège et la réaction des gens de Jérusalem.

Dimanche des Rameaux

Dimanche des Rameaux

Lorsque nous réfléchissons sur les préparatifs de cette entrée de Jésus à Jérusalem, nous nous appuyons sur Zacharie 14, 4 « Dieu posera les pieds sur le mont des oliviers à la fin des temps » pour dire que Jésus ne fait qu’accomplir les écritures et faire la volonté de son Père. Nous remarquons que c’est effectivement sur les pentes du mont des Oliviers que le Fils de l’Homme prépare sa passion ou son entrée à Jérusalem. Il sait où trouver la monture qu’il chevauchera. C’est dans ce sens qu’il envoie deux de ses disciples la lui chercher. L’évangile souligne que Jésus entre dans sa passion en toute lucidité et il le fait librement. Contrairement aux autres évangélistes qui évoquent l’ânon, Matthieu particularise son récit en parlant d’une « ânesse » en lien avec Zacharie 9, 9 (« voici ton roi qui vient … »). L’évangéliste Matthieu veut nous montrer que la prophétie sur le Messie s’accomplit à la lettre dans la personne de Jésus. Jésus ne prend pas le cheval, monture de guerre (Deutéronome 17, 16) mais plutôt l’âne qui est un symbole de paix et de simplicité (Cf. Genèse 49, 11). Jésus se présente comme le Roi « doux et humble de cœur » que Matthieu souligne au chapitre 11, verset 29. Le cortège de Jésus est composé de gens venus des provinces, de pèlerins venus pour la Pâque à Jérusalem et qui ont entendu parler de lui. Ils coupent des branches, ces rameaux que l’on utilisait à la fête des Tentes (Lévitique 23, 40). Cette fête appelait de ses vœux la venue du Messie et les gens chantaient le psaume 118, comme le fait la foule qui accueille et accompagne Jésus : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Ces éléments symbolisent selon Matthieu, la venue glorieuse du Christ à la fin des temps.

Il est important de signifier que le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem révèle le contraste, la réaction contradictoire des habitants de Jérusalem. D’abord il est accueilli avec beaucoup d’enthousiasme pourtant, après, on remarquera une forme de rejet. Toutefois, Jésus a choisi l’humilité, la paix et la douceur. Or ce ne sont pas les traits que les habitants de Jérusalem et même ses disciples attendaient de la part d’un chef, d’un Messie.

Les lectures de la messe de la passion du Seigneur nous aident pour la méditation du mystère de la personne même du Christ. La première lecture tirée d’Isaïe 50, 4-7 sur le serviteur est le troisième des quatre poèmes du serviteur, dans le livre d’Isaïe. Le quatrième poème sur le serviteur souffrant (Isaïe 52, 23-53, 2) ouvrira la célébration du vendredi saint. La deuxième lecture tirée de la lettre de saint Paul Apôtre aux philippiens nous parle de l’abaissement et de la glorification du Fils de L’homme. Cette lecture souligne deux figures à notre humble avis qui interrogent notre foi. La figure d’Adam qui voulait se faire l’égal de Dieu : « vous serez comme des dieux » (Genèse 3, 3) et la seconde figure celle du serviteur souffrant qui « s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort » en lien avec Isaïe 53, 12. Ce dépouillement du Christ est appelé « Kénose », du verbe grec « kénoô ». Le Christ s’est abaissé. Littéralement on peut dire que le Christ « s’est vidé ». Il s’est abaissé par solidarité pour l’homme tombé à cause du péché. C’est pourquoi, Dieu, le Père, l’a placé au sommet de l’univers. C’est l’élévation ou la glorification du Fils de l’Homme. L’évangile souligne la solitude que traverse Jésus durant sa passion. Les disciples qui le suivaient depuis des années se sont effondrés devant l’échec apparent de leur maître. Leur découragement a été à la mesure de l’immense espoir qu’ils avaient placé en Jésus. Beaucoup pensaient qu’il devait prendre le pouvoir politique et faire d’eux des ministres ou des gouverneurs. Ainsi les disciples au jardin des oliviers n’avaient même plus la force de prier avec le Maître. Ils se sont laissé terrasser par le sommeil qui symbolise leur fragilité et leur foi qui balbutie encore. Cela nous fait penser à cette pandémie du COVID-19 qui frappe des familles à travers le monde. Certains fidèles se découragent et n’ont plus la force de prier ou s’interrogent sur leur foi en Dieu ou sur la place de Dieu dans notre monde. Or l’épreuve de la passion nous montre que Jésus est descendu avec nous jusqu’au plus profond de nos péchés, de nos souffrances ou de nos détresses et nous pouvons maintenant comprendre qu’il n’y a pas de souffrance ou de maladie qui puisse échapper à la puissance de Jésus. C’est un réconfort pour chacun de savoir que le Christ nous sortira victorieux de cette pandémie.

Implorons le Christ en ce dimanche des Rameaux et de la passion, afin qu’il nous vienne en aide et qu’il conduise notre humanité sur le chemin de la glorification.

auteur: Père Hervé Andongui, CSSp, Missionnaire spiritain en Belgique Paroisse Notre Dame de l’Assomption, Anderlecht/ Bruxelles.

 
 

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