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Homélie du 2ème dimanche de Pâques

18.04.2020

Dimanche de la miséricorde divine

Bonjour chers frères et sœurs en Christ,

Nous célébrons en ce jour le deuxième dimanche de Pâques qui est aussi le dimanche de la miséricorde divine.

En effet, la première lecture nous relate la vie de la première communauté chrétienne de Jérusalem. Elle nous donne des détails importants sur leur expérience de foi avec Dieu et de leur vie au quotidien. Cette communauté, grâce à la prière et l’Esprit Saint se développe avec joie et discrétion après leur expérience de la Pentecôte. C’est une invitation que nous adresse saint Luc comme auteur du livre (les actes des apôtres) pour nous faire prendre conscience de notre engagement et de notre expérience personnelle avec Dieu. Il nous revient de tenter de vivre au mieux comme nos ainés dans la foi. Les membres de cette première communauté chrétienne vivaient dans l’harmonie et la fraternité. Il n’y avait ni étrangers, ni riche, ni pauvre, ni fort, ni faible. Tous, en effet, mettaient leurs biens en commun. Bien que le contexte actuel de notre de vie soit beaucoup différent de celui des premières communautés chrétiennes, nous pouvons néanmoins adapter certains éléments pour un meilleur vivre ensemble dans nos communautés paroissiales. La première lecture nous rappelle que l’Eglise est communion dans sa nature même. Cela nous fait réfléchir sur nos conflits interpersonnels dans nos paroisses qui nous empêchent souvent de vivre la communion fraternelle et défigurent par-là l’image de Dieu qui est Amour.

En mettant leurs biens en commun et en vivant la fraternité, les membres de la communauté de Jérusalem vivaient dans la crainte du Seigneur et luttaient contre toutes les formes de discriminations sociales, en l’occurrence la pauvreté. En vivant la fraternité, ils répondaient à leur manière à la parole de Dieu qui empêche de voir l’autre souffrir par manque de moyens « À la vérité, il ne doit pas y avoir de pauvre chez toi ; car l’Éternel te bénira certainement dans le pays que l’Éternel ton Dieu te donne en héritage pour le posséder » (Deutéronome 15, 4). Les premiers chrétiens étaient assidus à la prière et ils partageaient avec joie dans la discrétion sans agitation aucune. Ils étaient convaincus par la présence de Dieu au sein de leur communauté et vivaient de la parole de Dieu.

Dans la deuxième lecture, Pierre rend grâce en ces termes : « Béni soit Dieu… ». C’est par ces mots qu’il nous transmet le rayonnement de la première communauté dont la vie est le témoignage vivant et émouvant qui nous interpelle aujourd’hui. Il nous parle de l’espérance des baptisés. Cette épître, comme une lettre testamentaire, s’adresse en réalité aux chrétiens d’Asie mineure qui subissaient beaucoup d’épreuves. Ils étaient constamment persécutés par les païens. La lettre de Pierre est pour eux non seulement un soutien spirituel mais aussi une source de réconfort. En s’adressant au Père « qui nous fait renaître », Pierre commence sa lettre par une bénédiction de forme juive ; car c’est Dieu le Père qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. Ce Jésus ressuscité nous ouvre finalement à l’espérance de la vie en Dieu, à la vie éternelle. Il faut reconnaitre qu’au cœur de ce dimanche de la miséricorde divine résonne une joyeuse profession de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu » que nous livre l’évangile du jour.

Dans l’évangile, la salutation de Jésus inaugure les temps nouveaux pour ses disciples enfermés par peur de leurs détracteurs juifs et pour chacun de nous confiné depuis des jours à cause de la pandémie : « La paix soit avec vous » nous dit Jésus. Cette parole de Jésus nous réconforte dans notre confinement et devant un avenir incertain. Face à la pandémie du covid19, le Seigneur vient nous redonner l’espoir et le courage de tenir devant cette dure épreuve. En ce jour où nous célébrons le dimanche de la miséricorde, le Christ se fait présence dans nos maisons et nos vies pour que sa présence puisse nous remplir des grâces dont nous avons besoin pour notre vie quotidienne. A travers sa propre expérience de la passion, de la mort et de la résurrection, Jésus nous aide à tenir devant les épreuves de la vie. Face à cette pandémie COVID-19, le Seigneur vient nous donner l’espoir, le courage par l’Esprit Saint qu’il souffle sur nous, de tenir devant cette épreuve. En effet, Jésus nous dit : « Recevez l’Esprit Saint ». De même, dans cette pandémie, nous ne sommes pas abandonnés, la miséricorde divine vient nous rejoindre. Jésus vient partager notre souffrance et notre tristesse devant les victimes de la pandémie. Jésus se manifeste à chacun de nous dans nos confinements et il se laisse voir différemment à chacun de nous comme il l’avait fait à Marie Madeleine et autres disciples après sa résurrection. Jésus répand sa miséricorde divine sur nous en ce jour et sur toute l’humanité. Cette miséricorde jaillit du sacré cœur même de Jésus.

Prions les uns pour les autres afin que le Seigneur nous envoie son Esprit de force et de sagesse et qu’il nous bénisse.

auteur: Père Hervé Andongui, CSSp, Missionnaire spiritain en Belgique Paroisse Notre Dame de l’Assomption à Anderlecht/ Bruxelles

 
 

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