facebook

Voix:  DE | FR | NL

Pèlerinage 2019 des « Amis de la Galilée » en Terre Sainte - 1 ère partie

11.10.2019

Une journée au bord du lac et dans les environs: La mer de Galilée

Ce jour-là, nous sommes partis de notre ‘base’ de Nazareth en bus, conduit par notre sympathique chauffeur Bassam, un palestinien chrétien dont une fille étudie la médecine en Bulgarie, et nous avons pris la direction de la mer de Galilée, encore appelée lac de Tibériade ou lac de Génésareth (ce qui signifie ‘harpe’, à cause de sa forme de lyre ?). Ce fut une longue descente à travers de charmants paysages fleuris, des champs d’oliviers et de bananiers, des cultures maraîchères jusqu’à la mer de Galilée située à une altitude de moins 210m.

Mer de Galilée.

Mer de Galilée.

Je m’imagine Jésus traversant cette région où il commença son ministère itinérant après son baptême au Jourdain.

Arrivé.e.s à la mer de Tibériade (21 km de long sur 12 km de large), nous nous rendons directement au petit port de Ginnosar sur la rive ouest de la mer où nous attend un petit bateau en bois pour une croisière contemplative sur la mer. La mer s’étend à perte de vue; l’eau est assez claire. De l’autre côté de la mer, nous voyons au loin dans la brume des falaises abruptes et, plus au nord, le plateau du Golan. Je me dis que Jésus a tant fréquenté ces lieux pour prêcher et guérir, pour appeler ses premiers disciples et finalement pour leur apparaître après sa résurrection...

Nous embarquons avec l’aide de l’équipage; chacun.e s’installe sur des banquettes à l’arrière du bateau. A quelque distance du rivage, le capitaine, apprenant notre origine, hisse soudain un drapeau aux couleurs nationales et fait jouer la Brabançonne ; nous nous levons pour la chanter ensemble ! Un peu plus loin, il coupe le moteur. Silence ; Lambert nous invite à un temps de prière. Je me laisse bercer par le discret clapotis de l’eau et les paroles de Lambert : « Admirez ce site qui n’a que peu changé depuis le temps de Jésus ; laissez-vous imprégner par ce lieu et ce moment exceptionnels; goûtez à la douceur de cet instant. Imaginons Jésus et les Apôtres dans la barque, un soir, après une longue journée: tout ce qu’ils se sont dits : les confidences, les questions. Imaginons l’esprit d’amitié et de confiance entre Jésus et ses disciples… ». Il n’est pas difficile d’imaginer tout cela tant le lieu est évocateur. Je sens la présence de Jésus: il est là dans la barque, au milieu de nous, présence douce et discrète.

Puis Lambert évoque le récit de la tempête apaisée (Mt 14, 22-33). Jésus rejoint les disciples en marchant sur la mer alors que leur barque est battue par les vagues et que le vent est contraire. Il leur dit « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ». Pierre veut le rejoindre en marchant à son tour sur les flots mais il perd pied et crie « Seigneur, sauve-moi ». Cet évangile que nous écoutons sur une mer (heureusement paisible) prend une saveur toute particulière qui me touche.

Revenus à terre, nous traversons un magasin de souvenirs où est conservée la poupe fossilisée d’une embarcation. « Jésus…à la poupe, sur un coussin, dormait… » (Mc, 4, 38)

Mer de Galilée depuis le monte des Béatitudes

Mer de Galilée depuis le monte des Béatitudes.

La primauté de Pierre

Nous partons ensuite en bus pour le lieu appelé ‘La primauté de Pierre’. Le lieu fait référence à l’apparition de Jésus à ses disciples en Galilée après sa résurrection : « Comme le matin paraissait, Jésus se tint sur le rivage » (Jn, 21, 4). Une chapelle en basalte dite de la Primauté de Pierre se dresse sur un rocher qui surplombe la mer de Galilée ; à l’intérieur de la chapelle, au milieu, se trouve la ‘mensa’, un rocher en forme de table où, selon la tradition, le Seigneur nourrit ses apôtres avec du pain et des poissons après sa résurrection (Jn, 21, 10-13). Un autre souvenir est aussi rappelé dans ce lieu : l’entretien de Jésus et de Pierre qui commence par trois questions identiques de Jésus : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » ; après la triple déclaration d’amour de Pierre en réponse, la scène se termine par la promesse de la primauté faite par Jésus à Pierre « Pais mes brebis ». Près du parvis de l’église, une statue montrant Jésus debout bénissant Pierre agenouillé rappelle l’événement.

Lambert me demande de servir la messe en plein air, à quelques pas du rivage. Il évoque d’abord l’appel des premiers disciples (Mc, 1, 16-20) ; Jésus invite chacun.e de nous à une relation personnelle avec lui par ces mots « Suis-moi ! ».

Puis il évoque son propre baptême qu’il a revécu intensément le jour où, pour la première fois, il est venu au bord du lac de Galilée ; il nous fait goûter l’amour du Christ qui nous réconcilie.

Ensuite vient la consécration ; Lambert prend le pain, rend grâce, le bénit comme Jésus le fit à la multiplication des pains (Mc, 6, 34-44) et surtout à la dernière Cène. Jésus part du peu que nous sommes et que nous avons pour le transfigurer en sa propre vie.

Anne-Marie et Philippe nous font chanter et profiter de leurs talents musicaux, ce qui rend la célébration bien vivante. Des touristes asiatiques nous regardent et, sur notre invitation, quelque-un.e.s d’entre eux/elles se joignent à nous ; Lambert nous invite à faire de notre pèlerinage une expérience de la catholicité de l’Eglise au contact des milliers de pèlerin.e.s que nous croisons partout! 00

Avant de quitter les lieux, une pèlerine de notre groupe prend un bain de pied en méditant; je ramasse furtivement quelques cailloux sur le rivage en souvenir.

auteur: Christian Roberti, CSSp (frère spiritain).

 
 

Chercher

powered by webEdition CMS